Témoignage de jeune - février


Oonark est un jeune Anversois qui dit de lui-même qu’il est « comme tout le monde ». Il suffit de me chercher sur Google et vous verrez qui je suis. Pourtant, sous cette apparente nonchalance, nous découvrons un jeune homme engagé et doté d'une généreuse créativité…

Je fais de la musique et je suis une sorte d'artiste. Mais je ne pense pas qu'on puisse apprendre l'art et on ne peut certainement pas l'étudier. Pour moi, être un artiste signifie être créatif. On peut apprendre des techniques et s’exercer, mais on ne peut pas apprendre l'art en soi. Je suis également convaincu qu’il n’y a que les gens qui peuvent nous apprendre quelque chose, et non les institutions. Bien que j'aie un diplôme en musique, je n'ai pas vraiment appris grand-chose pendant cette formation. Pour moi, l’école de la vie est la meilleure des écoles.

Il a trouvé un dépliant du Service Citoyen dans la rue : à l'époque, je cherchais un projet en tant qu'artiste/musicien. Comme j'avais besoin d’entrer en relation avec des gens, surtout en ces temps de pandémie, j'ai contacté Jeroen du Service Citoyen. Je m'intéressais déjà au bénévolat et j’avais cette réelle envie de contribuer à la société. Avant mon Service Citoyen, j'avais travaillé ci et là, mais cela ne m’avait donné que peu de satisfaction, car je n'avais pas vraiment l'impression de pouvoir apporter une valeur ajoutée. Lorsqu’on travaille uniquement pour gagner de l'argent, on n’en retire pas de satisfaction. Maintenant que je fais mon Service Citoyen, j'ai le sentiment de contribuer à quelque chose de positif. On est là pour les autres. On se sent appartenir à la grande tribu des êtres humains !


Un grand cercle d'amis

En raison des mesures sanitaires, il était très difficile pour lui de réaliser un projet dans le secteur culturel, son domaine de prédilection. Après quelques recherches, Oonark a finalement opté pour un organisme d’accueil dans un tout autre secteur. Il a commencé à travailler pour Veganation, une association active dans son quartier qu'il connaissait déjà, et qui propose une vision qu'Oonark soutient pleinement. Il nous raconte en quoi consiste l’association Veganation et ce qu'elle représente d’un point de vue social et humain : au départ, je dirais que c’est un lieu qui propose des repas végétaliens. Mais il s'agit plus d'un grand cercle d'amis que d’un simple restaurant. Nous préparons chaque jour des repas végétaliens avec des invendus et les gens peuvent alors venir les manger chez nous. Contrairement à un restaurant, nous travaillons sur la base d'une contribution libre : certaines personnes font un don en échange du repas, d'autres apportent leurs propres ingrédients, comme du riz ou des pâtes, que nous pouvons alors préparer plus tard. Enfin, pour les personnes qui ont très peu à donner, le repas est offert.

Avec la pandémie, nous avons adapté notre façon de fonctionner : comme les gens ne peuvent plus manger sur place, c’est nous qui sortons pour distribuer les repas. Actuellement, nous aidons principalement les personnes en situation précaire. Auparavant elles ne constituaient qu’une partie de notre public, mais suite aux conséquences économiques de la crise sanitaire, notre approche de l’accès à la nourriture s’est révélée d’autant plus vitale pour ces personnes moins aisées.


Un véritable réseau d’entraide

Oonark parle avec enthousiasme de la façon dont il travaille chez Veganation. Chaque jour amène son lot de défis palpitants : le week-end, on va au marché, dans les magasins bio et les magasins turcs du quartier pour glaner un maximum de légumes invendus. Ce sont les ingrédients de base de nos préparations. Chaque jour, on cuisine un grand repas végétalien puis on publie une photo du plat sur notre groupe Facebook pour que les intéressés puissent le commander. Ensuite, nous livrons les repas avec le vélo électrique que nous avons récemment reçu du kringloopwinkel (la recyclerie locale) !

On aurait tort de penser que l’intérêt de Veganation se limite à la cuisine. En effet, beaucoup de gens se sentent seuls de nos jours et Oonark est souvent la seule personne qu'ils voient dans la journée : les gens recherchent parfois du contact social, ils aiment pouvoir converser un peu. C’est important pour nous de prendre le temps pour ça aussi. Personnellement, j’aime beaucoup ces moments d’échange. Par exemple, récemment, une dame âgée m'a demandé si je pouvais l'aider avec son ordinateur. Rendre ce genre de petits services, c’est un de nos objectifs à part entière : cela fait de nous les maillons d’une chaîne qui permet de forger un véritable réseau d’entraide !

Alex, fondateur de Veganation, est le tuteur d’Oonark au sein de l’association. Il est du genre à soutenir les prises d’initiatives : les bénévoles sont encouragés à créer leurs propres recettes et disposent de beaucoup de liberté pour expérimenter. Oonark a même récemment lancé son propre projet au sein de Veganation : avec un autre volontaire qui est aussi musicien, j'ai organisé un concert en livestream pour nos clients. Nous avons eu beaucoup de commentaires positifs à ce sujet et nous avons donc décidé de développer l'idée plus loin. Dans le courant de janvier, nous allons rendre visite à des musiciens chez eux, manger ensemble, puis faire de la musique que nous allons partager avec le monde. Lorsque nous pourrons à nouveau accueillir des gens à Veganation, nous organiserons ces concerts sur place !


Il n'y a que des bonnes raisons de faire un Service Citoyen !

La gratitude d’Oonark fait plaisir à entendre, il est évident qu’il gardera des très bons souvenirs de son Service Citoyen : je serai toujours reconnaissant pour les opportunités qui m’ont été offertes, car sans l'aide de Jeroen ( son responsable pédagogique au Service Citoyen ), j’aurais eu du mal à me rendre utile de ma propre initiative. Jeroen, je ne l’oublierai jamais. C'est vraiment une belle personne ! Ça me donne de l’espoir qu'il y ait encore des gens aussi altruistes dans le monde, des gens qui veulent juste faire une différence et aider les autres.

Cette expérience aura aussi permis à Oonark de se faire une place dans la société et son engagement continue même au-delà de sa mission. Il affirme sans la moindre hésitation : je vais rester actif au sein du réseau Veganation après mon Service Citoyen !

En conclusion, voici le conseil qu’Oonark donne aux jeunes potentiellement intéressés : si vous avez le temps et que c’est faisable financièrement, il n'y a aucune raison de ne pas s’engager dans un Service Citoyen ! Ça vous aide vraiment à découvrir vos centres d’intérêts et ce que vous voulez faire plus tard dans la vie. Le Service Citoyen vous donne toutes les chances d'apporter une contribution à la société et d'en tirer satisfaction. Moi, tout ce que j’ai à dire c’est : dans ce cas, pourquoi pas ?