Partenaire en lumière 2


La Poudrière: une communauté qui ne jette pas de poudre aux yeux !

Ils sont rares les lieux comme La Poudrière. Ces lieux qui, à peine vous sont-ils ouverts, vous font ravaler votre cynisme
et vous réconcilient avec l’utopie.

Le soir du 30 décembre, au numéro 64 de la rue de la Poudrière, se donnait le Spectacle de fin d'année de l'asbl. Au fond de la vaste pièce, le décors de théâtre campait un intérieur bourgeois suranné, fruit d’une sélection méticuleuse parmi le mobilier accumulé au cours de nombreuses années de glanage et de récupération. La salle se remplit petit à petit, les voix s’élevèrent, les rires se mirent à sonner comme autant d’odes à l’hospitalité et en tendant l'oreille on aurait presque cru percevoir les accords de l’Auvergnat ou de Jeanne tant l’atmosphère rappelait cette convivialité propre aux chansons de Brassens. 

Le terme de convivialité est ici à prendre au pied de la lettre - c’est à dire au sens étymologique de vivre avec - puisque la Poudrière est une communauté qui fonctionne en autogestion et dont la devise enjoint à « réapprendre à vivre ensemble ». L'association est pluraliste et composée de près de 60 personnes, de tous âges, de toutes confessions et de tous horizons répartis sur trois sites géographiques : Bruxelles, Péruwelz et Rummen. Eric Degimbe, membre de la Poudrière depuis 30 ans et tuteur des jeunes qui y réalisent leur Service Citoyen qualifie cette dernière de « laboratoire humain à mi chemin entre la famille et l’entreprise ». Un des objectif de cette expérience du vivre ensemble est de trouver "une alternative au capitalisme et à l’individualisme où l’humain redevient priorité » .

Pour atteindre ce but, la communauté applique une philosophie de mise en commun radicale des logements, des revenus, du temps et des compétences de chacun. C'est grâce à cette concession qui ceux qui sont dans le besoin, marginalisés ou simplement en quête de sens peuvent trouver une reconnaissance de leurs différences qui plutôt que de générer des inégalités sont mises à profit dans un esprit de complémentarité et de collaboration.  

Les compagnons de la Poudrière assurent leur viabilité économique grâce à deux magasins « bric-à-brac » (à Bruxelles et à Péruwelz) alimentés par des collectes. Une activité agricole menée par le site de Rummen permet de produire, entre-autre, une excellent jus de pomme offert le soir du spectacle. Le site de Bruxelles comporte aussi un atelier de réparation de vélos mis sur pied dans une optique éco-responsable et anti-consumériste et où l'on peut croiser un dénommé « Ange » venu tout droit de France pour s’installer à la Poudrière et ajouter sa clé de dix à l'édifice.

Cela fait maintenant 60 ans que l’asbl existe et s’efforce d’aller à l’encontre des dérives de notre époque qu’elles soient écologiques, sociologiques ou économique. Si vous ne la connaissiez pas encore prenez le temps d’aller y faire un tour que ce soit pour y trouver une veste, un vélo ou, qui sait, un foyer.