Mon incroyable Service Citoyen - Témoignage d'une jeune

Ce n'est pas tous les jours qu'on reçoit une lettre si chaleureuse d'une jeune qui vient de faire un Service Citoyen. Merci, Elise. Et merci à vous, tous les jeunes qui s’engagent pour notre société.

 

J’ai commencé mon Service Citoyen plutôt par dépit. En fait, en septembre 2020, j’avais décidé de poursuivre mes études d’AESI et bac trois, malgré mon état émotionnel instable, et malgré la situation sanitaire et les mesures du gouvernement. Mais j’ai dû vite me rendre à l’évidence : ces études étaient beaucoup trop lourdes psychologiquement pour moi, n’étant pas vraiment passionnée et devant rattraper le retard de l’année dernière. Ajoutés à cela les cours à distance, que je suis incapable de suivre. Ce fut un échec. Mais il me fallait faire quelque chose. Trouver une solution, un plan d’avenir. Que vais-je bien pouvoir faire cette année ? Cette question m’angoissait et faisait ressortir ma peur du vide, de l’ennui, de la solitude, le sentiment d’inutilité.... Bref, il me fallait combler.


Un peu d’espoir

Le Service Citoyen m’est alors apparu comme une petite lumière. 6 mois de répit où on ne me demande pas d’avoir des compétences spéciales, 6 mois où la seule chose qui m’est demandée était mon investissement dans la mission que j’aurais choisie. 6 mois pour réfléchir. Une fois le marché conclu et le contrat signé avec mon lieu de mission, l’aventure à enfin commencé.

Bienvenu au Jardin d’Arthey, une coopérative visant à développer la consommation bio et locale. J’ai intégré l’équipe de maraîchage incluant Sébastien, le « boss » (même si ce terme ne lui correspond pas vraiment, parce qu’il est vraiment sympathique), d’autres jeunes en Service Citoyen et d’autres encore en stage de formation. A mon arrivée, j’étais très dépaysée. Car même si mon père est horticulteur, j’avais en tête que ne je vaudrais rien dans ce milieu. Ce dernier m’avait mis en tête que je n’avais pas les épaules pour, physiquement, et que c’était une fois de plus un milieu qui ne me correspondrait pas. Je m’accrochais au fait qu’aucune aptitude n’était exigée. J’étais simplement venue avec ma bonne volonté et mon espoir.

Il m’a fallu un temps d’adaptation, mais j’ai très vite pris goût à l’expérience. Au départ, j’avais dû mal à supporter la saleté. J’entends par là la boue sur les vêtements et les chaussures, la terre sur les mains, etc. Heureusement, j’ai appris à lâcher prise par rapport à cela. Mon pantalon est crade ? Ce n’est pas grave, c’est prévu pour. Tes ongles sont noirs ? Whatever, c’est la preuve de ton travail vertueux ! J’ai apprivoisé, si on puit dire, le contact avec la terre. Cela me ressource à présent.


Découvrir des possibilités

J’ai débuté ma mission en décembre. Avant ça, je n’étais jamais restée dehors une journée entière par un froid aussi intense. Je me suis adaptée au vent glacial et au gèle mordant. Mes problèmes de circulations sanguines ne m’ont pas facilité la tâche, mais j’étais déterminée à passer au-dessus. De même pour la fatigue physique. Les premiers jours, j’étais si épuisée en rentrant que j’allais directement dormir. Mon corps était couvert de courbatures. A présent, après 6 mois passés là-bas, je me suis adaptée. Les muscles que je me suis forgés me permettent de faire des journées entières de travail sans aucun mal. Certes, pas sans fatigue, mais je récupère rapidement. Quelle fierté ! Voilà une seconde chose que j’ai acquise. Je sais maintenant que j’ai les ressources nécessaires pour travailler dans de telles conditions.

J’ai découvert que le maraîchage me plaisait énormément. J’ai particulièrement aimé forcer des bacs de chicons pendant l’hiver. Un travail répétitif, consciencieux et long, dans lequel je m’impliquais et ne pensaient plus à mes problèmes, concentrée sur ma tâche. Passer des planches à la gélinette me défoulait, de même que me charger d’étaler des copeaux et du compost.

Le contact avec la nature apaise mon esprit, me recentre. Mais ce que j’aimais par-dessus tout, c’était que je me sentais utile. Je me sentais à ma place, impliquée, dans un climat serein, avec des gens bienveillants. Cette expérience m’a revigorée. Tant de choses passionnantes se sont révélées à moi, tant de possibilités que je n’avais pas envisagées. Je peux même affirmer que grâce à Arthey, j’ai plus d’espoir en l’humanité. Et je l’embrasse comme une bouée de sauvetage.


Vers de nouveaux horizons

Il y a beaucoup d’espoir, oui. Cela me donne des projets pour la suite. J’étais durant ces 6 mois sur un petit nuage. Mais maintenant j’ai peur. Le vide que laisse la fin de cette expérience me ronge. Je peux néanmoins y retourner en tant que bénévole, mais je vais bien devoir m’investir dans la suite de ma vie et reprendre en main mes plans d’avenir. Ce n’est pas simple pour moi.

J’ai envie de remercier le Service Citoyen de m’avoir donné l’opportunité de vivre cela. J’ai tant de gratitude envers Sébastien de m’avoir donné cette chance, envers toutes les personnes que j’ai rencontrées d’être elles, tout simplement. Et envers le hasard de la vie, et toutes les circonstances qui ont fait que j’atterrisse au bon endroit, au bon moment pour vivre cette chouette épopée.


Merci, merci, merci, ...

Elise.