Obligatoire ou volontaire ?

Dans cet article, François Ronveaux, directeur de la Plateforme, précise la posture de l'organisation quant à cette question récurrente lors de débats sur le Service Citoyen. 

Obligatoire ou volontaire ?

A la question « un Service Citoyen : obligatoire ou volontaire ? », nous refusons de répondre … dans les 10 années à venir ! En effet, 5 années de pratiques intensives du Service Citoyen sur le terrain nous ont démontré qu’un des facteurs clef du succès de mise en œuvre du Service Citoyen était la qualité et la diversité des missions proposées aux jeunes. Celles-ci prennent du temps à se construire, dans une relation partenariale de confiance, en concertation avec une équipe encadrant des promotions de jeunes diversifiées. C’est la seule manière de proposer un programme qui fasse sens et évite deux écueils régulièrement rencontrés dans ce type de dispositif : la concurrence à l’emploi et l’élitisme. L’un et l’autre peuvent facilement être évités à condition de prendre le temps de construire, et des missions de qualité, et des promotions de jeunes diversifiées.

Or, si demain le Service Citoyen devient obligatoire, il faudra du jour au lendemain établir un partenariat avec 125000 organismes d’accueil, définir 125000 missions cohérentes, mobiliser 125000 jeunes … Et trouver un minimum de 625 millions d’euros ! Mission totalement irréaliste à court terme. Nous pensons donc qu’un programme national de Service Citoyen doit commencer sur base volontaire et monter en charge progressivement. Nous recommandons une croissance de 1% par an pendant 10 ans. Ceci signifierait 1250 jeunes la première année, et 12500 la dixième année. Après une décennie d’ancrage progressif, le dispositif et son impact sur les jeunes devront être évalué quantitativement et qualitativement. Et à ce moment-là seulement, la question « obligatoire ou volontaire » prendra sens, et pourra être posée car la population et le monde politique pourront y répondre en toute connaissance de cause.

François Ronveaux,
Directeur