Editorial Newsletter Février 2018

10 ans … Cela fait exactement 10 ans que notre Plateforme se mobilise pour la création d’un Service Citoyen dans notre pays ! C’est en janvier 2008 qu’une employée à mi-temps était engagée pour développer une toute nouvelle Plateforme composée de 4 membres fondateurs et dont l’objectif visait l’instauration en Belgique d’une forme de Service Civil renouvelé, adressé à tous les jeunes. Une décennie plus tard, plus de 300 membres et une vingtaine d’employés poursuivent toujours le même objectif, doublé d’une mission opérationnelle, à savoir que depuis 7 années nous mettons en œuvre des Services Citoyens que plus de 600 jeunes ont déjà eu l’occasion d’expérimenter.

Jean qui rit …

Et sur le plan opérationnel, les résultats sont sans appel : (re)prise de confiance en soi, inflexion positive des trajectoires de jeunes en décrochage, valorisation par le groupe, démystification des Institutions, engagement pour la société, soutien à des milliers de bénéficiaires, (re)prise d’emploi ou de formation, brassage social et culturel, ouverture aux autres , clarification du projet d’avenir …

L’impact du Service Citoyen est incontestable : il a été évalué, objectivé, et s’avère éminemment positif pour les jeunes et pour la société.

… Et Jean qui pleure !

Sur le plan institutionnel par contre, il faut bien l’avouer, les avancées sont d’une lenteur digne d’un escargot filmé au ralenti … Lenteur d’autant plus désespérante que tous nos voisins ont depuis longtemps légalisé et financé ces dispositifs réclamés à grand cri par les jeunes (et moins jeunes). Dernier en date, le nouveau Gouvernement des Pays-Bas vient de mettre en œuvre un « Maatschappelijke diensttijd » pour lequel il engage d’emblée un budget pouvant monter jusqu’à 100 millions d’€.

Petit à petit, l’oiseau fait son nid …

Et pourtant, le dossier ne recule pas. La reconnaissance d’un statut de Service Citoyen au Gouvernement fédéral progresse, même si le cadre légal escompté n’est pas celui rêvé (voir l’article ci-dessous), qu’aucun financement n’y est associé, et que l’organisation est déléguée aux Entités fédérées, lesquelles peinent à prendre leurs responsabilités.

Alors comment faire comprendre à nos mandataires l’urgence de l’instauration du programme ? Il n’est quand même pas anodin que des dispositifs publics de ce type, proposant à la jeunesse un cadre structuré d’engagement et de responsabilisation, fleurissent et se développent un peu partout dans le monde, au point d’y être souvent l’une des seules dépenses publiques en augmentation. Cette émergence peut s’interpréter comme la réponse des Etats aux besoins de jeunes qui expriment une nouvelle manière d’exister, caractérisée notamment par la dilatation de l’« espace de transition », pour reprendre le terme des sociologues de la jeunesse, à savoir le besoin de s’expérimenter et de s’affirmer dans l’entre-deux particulier que constitue la période située entre la fin de la scolarité obligatoire et l’entrée dans la vie active. Depuis plusieurs décennies, cette période s’allonge et se vit difficilement pour de plus en plus de jeunes dans un monde en perte de repères.

Les Autorités publiques belges ne peuvent indéfiniment invoquer la complexité institutionnelle de notre pays pour ne pas s’engager pro-activement dans le déploiement et le financement d’un programme que 63 % des jeunes belges veulent voir généralisé. En cette année de jubilaire, la Plateforme pour le Service Citoyen redoublera d’énergie et de créativité pour rappeler aux mandataires de ce pays leur responsabilité en la matière.

Dans tous les cas, qu’on en rie ou qu’on en pleure, nous fêterons dignement cet anniversaire décennal le premier juin 2018… Et vous y êtes d’ores et déjà invités… Save the date !

Au grand plaisir de partager cet événement avec vous !

François Ronveaux, 
Directeur